Page 38 - Livre électronique du congrès des RFTP 2022
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PEMPHIGOÏDE BULLEUSE ASSOCIEE A LA VILDAGLIPTINE
Y. MAHJOUBI, A. ZAIEM, M. BEN BELGACEM, W. KAABI, I. HAMZA, S. EL AIDLI
SERVICE DE RECUEIL DES EFFETS INDÉSIRABLES, CENTRE NATIONAL DE PHARMACOVIGILANCE
INTRODUCTION : La pemphigoïde bulleuse (PB) est une maladie vésiculo-bulleuse
chronique à médiation immunitaire. La PB associée aux médicaments (PBAM) est une
étiologie très rare. Les gliptines, utilisés dans le traitement du diabète de type 2, ont
été associés dans de très rares cas à la PBAM. Nous rapportons un cas de PBAM
associée à une gliptine : la vildagliptine.
OBSERVATION : Il s'agit d'un homme âgé de 74 ans aux antécédents médicaux de
diabète de type 2, d'hypertension artérielle, d'insuffisance cardiaque, de dyslipidémie
et d'hypothyroïdie. Il est traité depuis dix ans par le périndopril, le bisoprolol,
l'amiodarone, le furosémide, la rosuvastatine, l'acétylsalicylique et la lévothyroxine.
En mai 2021, la vildagliptine a été introduite pour un diabète mal équilibré.
En juillet 2021, le patient a présenté un prurit généralisé. Deux semaines plus tard, il a
développé des bulles tendues sur son abdomen qui ont fini par se rompre et former
des érosions croûteuses. Le patient consule en novembre 2021. L'interrogatoire n'a
pas révélé d'allergies médicamenteuses ni des antécédents familiaux de maladies
auto-immunes. Il était apyrétique et en bon état général. L'examen physique, a révélé
la présence de plaques violacées bien délimitées et cicatrisées, avec des croûtes
hémorragiques. Il y avait de multiples bulles intactes au niveau des membres
supérieures et inférieures, avec un contenu séreux. Il n'y avait pas de distribution
dermatologique spécifique ni d'ulcération ou de mucosité buccale. Son bilan sanguin
était normal. La biopsie cutanée a révélé des vésicules sous-épidermiques avec de
multiples éosinophiles, hautement évocateurs de PB. L'immunofluorescence directe
a montré un dépôt d'IgG et de C3 le long de la jonction dermo-épidermique
confirmant le diagnostic. Des corticoïdes locaux ont été prescrits sans amélioration.
La vildagliptine, le médicament le plus récemment introduite, quelques mois avant
l'apparition des symptômes, était fortement suspectée et a donc été arrêtée en
janvier 2022. Après un suivi de 3 mois, les lésions bulleuses ont régressé. La
responsabilité de la vildagliptine a été retenue avec un score d'imputabilité de I2
(possible).
CONCLUSIONS : Un diagnostic précoce de la PB est essentiel car l’arrêt du
médicament affecte significativement l’évolution de la maladie. Cependant, le
diagnostic peut être difficile chez les patients traités par plusieurs médicaments
pourvoyeurs de cette complication. Une réintroduction du médicament suspect peut
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